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Jacques Monod et l’affirmation d’une solitude cosmique

C’est le titre du livre publié en 1970 par le biologiste et biochimiste français Jacques Monod, lauréat du prix Nobel en 1965, dans lequel se trouve la célèbre phrase :

L’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard.

Jacques Monod

L’évolution de nos connaissances depuis 1970

L’homme sait… Que savions-nous réellement en 1970 ? L’homme venait juste de marcher pour la première fois sur la Lune et de découvrir l’existence des quarks. Mais le génome humain n’avait pas encore été séquencé, la télévision était en noir et blanc, internet n’existait pas, aucune sonde n’était encore allée explorer le système solaire au-delà de Mars, aucun télescope n’avait été placé en orbite…

L’affirmation de Jacques Monod est donc une extrapolation démesurée par rapport aux connaissances de l’époque. Qui plus est, il ne sera jamais possible d’affirmer scientifiquement que l’homme est seul dans l’univers puisque la très grande majorité de l’univers actuel est et sera toujours inaccessible aux instruments d’observation de l’humanité.

Le saviez-vous ? La lumière voyage à 300 000 km/s. En 2026, nos télescopes observent des objets tels qu’ils étaient il y a des millions, voire des milliards d’années. L’univers observable reste une fraction infime de la réalité totale.

Le hasard au cœur de la matière : La révolution quantique

Dans cette célèbre phrase, Jacques Monod parle aussi de hasard et d’indifférence… Le hasard est effectivement présent dans la nature. Il est même omniprésent dans le monde de l’infiniment petit à l’échelle de l’atome (un milliardième de mètre).

La physique quantique permet de décrire comment fonctionne un électron, un grain de lumière ou une molécule. Ses lois surprenantes n’ont jamais été mises en défaut. Pourtant, elles échappent à nos intuitions : à l’échelle de l’atome, toutes les particules se comportent comme des ondes. Elles sont littéralement « partout à la fois » jusqu’à ce qu’une observation les force à « choisir » une position.

La souveraineté de Dieu face à l’indéterminisme

Mais le hasard est-il incompatible avec la souveraineté d’un Dieu omniscient ? Nullement, comme le montre la coexistence d’un monde quantique où tout est probabiliste et d’un monde macroscopique régi par des lois mécanistiques.

La trajectoire d’une particule élémentaire ne peut pas être déterminée à l’avance, mais la trajectoire d’une comète, formée d’une multitude de ces particules, peut être calculée des centaines d’années à l’avance. Le hasard dans la nature n’est ni la preuve de l’existence de Dieu, ni celle de sa non-existence.

Pour d’autres réflexions sur ce thème voir par exemple :

Dieu pilote-il le hasard ? L’évolution devait-elle nécessairement mener à l’homme ?

Quand la science guide le hasard : L’exemple de la radiothérapie

Chaque jour, les physiciens médicaux « guident » le hasard lorsqu’ils planifient les traitements du cancer par radiothérapie. Ils utilisent pour cela des simulations Monte-Carlo.

Le nom « Monte-Carlo », inspiré des jeux de hasard, vient du fait que la trajectoire de chaque particule du faisceau est tirée au hasard. Chaque étape de son parcours dans le corps est calculée en « tirant un dé » virtuel à une infinité de faces. C’est la connaissance précise de tous les processus physiques et de leur probabilité qui permet, in fine, une planification thérapeutique d’une précision chirurgicale.

Conclusion : Du hasard à la Nécessité avec un grand N

Le hasard, c’est ce qui se passe quand Dieu laisse les lois de l’univers régir la dynamique des corps, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Mais ces lois, c’est bien Lui qui les a établies. Elles fixent le cadre dans lequel le hasard se fraie un chemin dont seul le Père connaît tous les détails (Matthieu 24,36).

En revenant au titre du livre de Jacques Monod, soulignons que la seule vraie nécessité, c’était celle du sacrifice de Jésus pour réconcilier l’Homme avec Dieu.