« Des cours de science pour les nouveaux pasteurs »

Print Friendly, PDF & Email

Article complet paru sur le site de l’Eglise Réformée Vaudoise (Suisse)

« Pour remédier au fossé, réel ou fantasmé, entre science et foi, dix séminaires américains vont recevoir un total d’un million et demi de subventions. Le but recherché est d’inclure les sciences dans leur cursus de formation. C’est l’annonce faite la semaine passée par l’Association américaine pour l’avancement des sciences…

En effet, les protestants évangéliques ont beaucoup plus tendance que les autres Américains à déclarer que quand ils ont une question d’ordre scientifique, ils se tournent vers un texte religieux, vers un responsable religieux, ou vers quelqu’un de leur congrégation…

Un sondage antérieur, effectué par l’agence Associated Press (AP), a montré que l’identité religieuse, particulièrement celle des protestants évangéliques, était l’indicateur le plus tranché de scepticisme envers les questions clés de la science. Parmi les sondés, 51% des Américains adultes, dont 77% d’évangéliques, ne croient que peu ou pas du tout que «l’univers a commencé il y a 13,8 milliards d’années par un big-bang». Et 36% de l’ensemble des sondés (comparés aux 56% d’évangéliques) doutent que «la Terre soit vieille de 4,5 milliards d’années.» »

A quand une telle initiative pour les pasteurs évangéliques français ? ;-)

 

17 Commentaires

  1. Antoine lun 27 Oct 2014 Répondre

    Je serais enchanté d’enseigner sur ces sujets!

  2. Peel Olivier lun 27 Oct 2014 Répondre

    C’est une bonne chose. Toutefois, il n’y a pas qu’en science qu’il y a des lacunes chez nos futurs pasteurs. Pas plus tard que hier, alors qu’il était demandé de citer les 3 éléments de base de la Réforme (Sola Scriptura, Sola Gratia, Sola Fides) il a été dit pas un étudiant fraîchement diplômé d’un Institut Biblique « Soli Deo Gloria ». J’étais consterné d’être le seul a en avoir ri.
    Tout cela pour dire que le problème de la formation de nos pasteurs et théologiens est une chose mais la curiosité intellectuelle et la soif d’apprendre fait de plus en plus défaut. C’est un peu à l’image de notre société d’hyper-consommation et du « tout tout de suite ».
    J’ai lu récemment une enquête européenne sur les chrétiens protestants et la lecture de la Bible. Je fus consterné des résultats. 26% lisent la Bible plusieurs fois par semaine. Seul 19% la lise quotidiennement. Plus de 40% d’entre eux ne la lise pas du tout.
    Ce ne sont que des statistiques mais je suis inquiet de l’inculture de nos concitoyens et du manque de curiosité. On se contente un peu de trop du « à peu près » ou du « ce n’est pas mon affaire ». Et pourtant, le pasteur est confronté de plus en plus aux difficultés d’une société en perte de repères.

  3. Marc lun 27 Oct 2014 Répondre

    Bonjour Olivier, je pense que ces statistiques ne sont pas ciblées sur les pasteurs mais sur le monde protestant en général (j’espère en tout cas).

    Nous faisons le même constat sur les thèmes qui nous occupent, je partage ton analyse sur le butinage furtif et maladif qui sévit dans nos sociétés et dans nos églises, Beaucoup témoignent d’un avis particulièrement tranché sur des sujets qu’ils maîtrisent fort mal ou qui repose majoritairement sur des idées préconçues, des intuitions ou des stéréotypes. C’est particulièrement vrai pour la théorie de l’évolution.

    Peu vont jusqu’à étudier des ouvrages entiers.

    Cette initiative de formation me parait en tout cas aller dans le bon sens, car il n’est pas si aisé de s’aventurer seul dans le monde scientifique sans un minimum de bases. Et il parait très difficile aujourd’hui d’adresser un discours cohérent à nos contemporains sans appréhender convenablement ces questions.


    PS : J’ai pas bien compris non plus pourquoi il fallait rire à la remarque du jeune étudiant, A Dieu seul la gloire fait bien partie des 5 Solas de la Réforme non ?

  4. Peel Olivier lun 27 Oct 2014 Répondre

    Merci Marc pour ta réponse. Pour répondre immédiatement à ton PS, il est vrai qu’il y a cinq points à la confession de foi du protestantisme et que le Soli deo gloria en fait partie. Toutefois, il était demandé de citer les 3 premiers et les plus connus. J’en ai ri, non pour me moquer, mais parce que je constatais que ce jeune pasteur ne connaissait que celui-là. Et encore, il s’en souvenait comme d’une phrase entendue dans l’église catholique. C’est dire…
    Il est évident qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Et il ne me vient pas à l’esprit de diminuer quelqu’un parce qu’il ne connaît pas les 5 éléments de base du protestantisme (Sola Christi étant le 4e). C’était un exemple pour souligner le manque total de culture de notre époque.

    En ce qui concerne les statistiques, cela concerne effectivement le protestantisme en général et non uniquement les pasteurs. Mais je ne crois pas avoir souligné que cela concernait les pasteurs. Un détail.

    Heureux de savoir que nous partageons ce sentiment de « butinage » comme tu l’exprimes. Il y a du travail et espérons que nos futurs pasteurs s’éveilleront et s’engageront dans le travail.

  5. Pascal ven 31 Oct 2014 Répondre

    Je crois qu’ils en ont bien besoin !

    Je suis passé des cathos aux évangéliques il y a quatre ans par besoin de vivre ma foi de manière plus intense, mais je trouve ces derniers si bêtes parfois, que je me demande, surtout, à la lecture de ce genre d’article http://www.sudouest.fr/2014/10/29/le-big-bang-a-l-evolution-conformes-le-pape-contredit-les-creationnistes-1719816-6072.php , si je ne vais pas retourner à la religion catholique, ou alors me débarrasser de toute étiquette additionnelle après celui de chrétien, car l’obscurantisme religieux de nombre d’évangéliques (sauf les créateurs de ce site et ceux qui en rédigent les articles de fond ! Ouf !) commence à m’être très pénible.

  6. Auteur
    Benoit Hébert ven 31 Oct 2014 Répondre

    Bonjour Pascal,

    Nous comprenons ta frustration, attention toutefois à ne pas faire de généralités trop vite ou d’analyser la situation globale à partir d’un contexte local ou d’avis exprimés sur internet. Ce sont souvent les extrêmes qui s’expriment, c’est bien connu…

    Pour nuancer un peu la situation au niveau des pasteurs, une vraie enquête permet d’y voir plus clair

    https://scienceetfoi.com/sondage-les-pasteurs-francais-interpretent-le-recit-de-la-creation/

    Il est clair que nous avons encore du travail ! Pas toujours évident d’être sous le tir croisé des athées scientistes ou des créationnistes anti science…le débat se polarise très souvent. L’essentiel pour nous est que celles et ceux qui sont sincères et en recherche réalisent qu’il existe une autre voie sur laquelle foi et découverte de la nature s’enrichissent l’une l’autre!

    Tiens bon, Pascal!

  7. Marc ven 31 Oct 2014 Répondre

    Salut Pascal,

    Je comprends ta frustration mais je suis d’accord avec Benoit. Gare à ne pas avoir une appréciation « par le petit bout de la lorgnette ».

    Et puis toute période de changement ou de transition ne se fait pas sans mal.. C’est vrai que sur ce chapitre le catholicisme a pris le bon virage avec qq longueurs d’avance, mais gageons que la devise de la réforme « réformé, mais se réformant toujours » finisse par s’imposer dans ce domaine également chez les évangéliques. ;-)

    Yes, tiens bon Pascal !

  8. Pascal ven 31 Oct 2014 Répondre

    Merci Benoît et Marc pour vos encouragements !

    Pour l’instant, je me « bats » parfois sur le site Actuchrétienne, où il y a une foule de créationnistes et de partisans d’une interprétation littérale de la Bible, mais le combat est rude (je ne manque pas de faire référence au site S&F, dès que quelqu’un affirme que l’évolution n’existe pas, et qu’il n’y a aucune preuve l’étayant) !
    Mais lorsque l’on me répond que si je me permets de mettre en doute l’écriture (l’AT principalement), c’est parce que je n’ai pas eu la révélation de Dieu personnellement dans ma vie, je reste pantois !
    On dirait que certains ont le « 06 » de Dieu et prennent leur petit déjeuner chaque matin avec Lui, à les entendre parler !
    Les catholiques ont leurs travers qui ne sont pas nouveaux, mais jamais je n’ai vu autant d’orgueil spirituel, chez un prêtre par exemple, que j’en vois chez certains évangéliques purs et durs.

    Merci encore à vous en attendant !

  9. Marc ven 31 Oct 2014 Répondre

    Oui Pascal, j’ai moi aussi traversé une période de « turbulences » devant l’arrogance de certains membres de nos églises aveuglés par leurs fausses certitudes.
    Comme le rappelait Olivier plus haut, beaucoup ont tendance à papillonner d’un site à l’autre sans prendre le temps pour une réelle instruction objective. D’autres sont tellement ancrés dans leurs préjugés que même leurs connaissances finissent par s’y plier au prix d’une déformation spectaculaire de l’objectivité scientifique.

    Néanmoins, comme Benoit l’explique également, ceux qui prennent facilement la parole ne sont pas forcément ceux qui représentent la majorité, surtout sur un site aussi polémiste que celui auquel tu te réfères. Je me pose aussi certaines questions sur l’esprit qui anime certains de ces intervenants.. Mais sachons faire montre de grâce et n’en ajoutons pas aux tensions souvent excessives.
    L’amour de la controverse semble bien souvent dépasser celle du prochain, ce qui n’est pas sans poser quelques contradictions avec le message que nous sommes censés véhiculer..

    Soyons donc vigilants dans nos comportements pour ne pas en ajouter à la confusion ambiante et poursuivons la route calmement et humblement.
    Nous n’aimons pas l’autre pour ce qu’il dit ou ce qu’il fait mais pour ce qu’il est : « un frère pour lequel Christ est mort » disait Paul.

  10. Auteur
    Benoit Hébert ven 31 Oct 2014 Répondre

    Oui Pascal,

    Le monde évangélique a ses forces et ses faiblesses, comme d’autres courants du Christianisme…Dieu reconnaîtra les siens même si nous avons parfois du mal à voir comment il va s’y prendre tant les courants sont divers. Restons unis sur l’essentiel!

    Les raisons de ce déchaînement de passion sont très complexes, un manque de connaissance théologique et scientifique, un réflexe de protection par rapport aux rationalistes et aux excès de la « haute critique »…

    Comme l’exprimait si bien David Vincent dans un de ses commentaires, le monde évangélique est probablement en train de subir sa « crise moderniste » avec 100 ans de retard.

    Heureusement, des théologiens bien ancrés dans la foi ont ouvert la voie. Il faut absolument que les évangéliques réussissent à s’approprier constructivement pour la foi les progrès des sciences bibliques ou autres…

    C’est pourquoi j’aime bcp le titre du livre de Kenton Sparks « La Parole de Dieu dans des mots humains: une appropriation évangélique de la critique biblique. »

    J’aime la vitalité spirituelle du monde évangélique (voir par exemple le culte filmé par France2 à l’église évangélique de Brest
    http://ick.li/j5yTJ8 ), essayons de grandir en maturité sur toutes ces questions!

  11. Pascal ven 31 Oct 2014 Répondre

    Vous avez raison en disant qu’il faut rester unis, malgré les divergences d’interprétation. Ce n’est certes pas l’essentiel de la foi en Christ.
    Merci à vous deux, Marc et Benoit, pour vos avis sur ces épineuses questions et zones de turbulence à la frontière entre sciences et foi !

  12. Peel Olivier dim 02 Nov 2014 Répondre

    Bonjour Pascal,

    Je réponds sur le tard mais je suis souvent fort occupé. Je crois que Marc et Benoît ont répondu avec attention à tes inquiétudes. La frustration est le lot de tous ceux qui travaillent. L’essentiel est de se dire: « Que puis-je faire pour que cela change quelque peu? » On plante, on arrose mais c’est Dieu qui fait croître. Même le prophète Jérémie devait annoncer alors que Dieu l’avait averti que personne ne l’écouterait. On est pas encore dans ce cas de figure. Il faut continuer à travailler et compter sur Dieu pour le reste.

  13. Jonathan lun 03 Nov 2014 Répondre

    Peut-on vraiment parler de « crise moderniste avec 100 ans de retard » puisque les évangéliques-fondamentalistes sont précisément ceux qui se sont opposés au rationalisme des églises protestantes « mainline » au tout début du 20e siècle ?

    Historiquement, ça n’a pas tellement de sens.

    On ne peut pas dire que les évangéliques « découvrent » avec du retard tous ces problèmes, puisque c’est justement le point ce qui les a définis.

    Plutôt, on peut dire qu’une certaine frange d’évangéliques se rend compte qu’à vouloir défendre à tout prix la foi contre les dérives rationalistes, nos prédécesseurs en sont venus à ériger des barrières illégitimes, irréalistes et bien trop extrêmes (inerrance, créationnisme and co).

    • Auteur
      Benoit Hébert mar 04 Nov 2014 Répondre

      J’ai l’impression que oui et non Jonathan. La naissance des évangéliques est certainement plus qu’une réaction par rapport au rationalisme des églises « mainline ». D’autre part, la puissance des preuves en faveur de l’évolution dont nous disposons aujourd’hui, en particulier depuis le début des années 2000 et la lecture complète des génomes, rend complètement intenable intellectuellement le fait de la nier…c’était sûrement moins le cas au début du siècle dernier…

      La période est à la fois décisive et passionnante…

      • Jonathan mar 04 Nov 2014 Répondre

        Je ne dis pas que ce serait la « seule chose » qui définit les évangéliques, mais seulement que ces positions doctrinales précises avaient été prises en réaction à la controverse moderniste.

        Ce ne sont pas des postures doctrinales « par défaut » qui viendraient de nulle part.

        Les positions aujourd’hui contestées (inerrance/créationnisme) ont pris forme pendant, et à cause, de la polémique moderniste entre conservateurs et libéraux au début du 20e, qui a eu pour conséquence la division d’innombrables dénominations.

        Donc voir ça comme un « nouveau défi », inédit chez les évangéliques, n’a strictement aucun sens. C’est précisément ce contre quoi le mouvement s’était attaqué à l’époque des Fundamentals.

        Evidemment, la puissance des preuves de l’évolution depuis le 2000’s rend d’autant plus intenable la position, mais ce n’est absolument pas une controverse nouvelle dans un mouvement « distinct ».

    • David mer 05 Nov 2014 Répondre

      Bonjour Jonathan,

      Concernant ta remarque, oui, je pense que c’est légitime de parler de « crise moderniste », car auparavant il n’y a jamais eu de réel « affrontement » au sein du monde évangélique.

      Les évangéliques ont effectivement réagi contre la libéralisation de la théologie, mais cette réaction s’est surtout faite grâce à la « politique de l’autruche ». Les théologiens évangéliques ne se sont jamais réellement confrontés aux problèmes soulevés par le développement récent de certaines sciences, je pense notamment aux disciplines historiques, mais se sont simplement repliés sur eux-mêmes.

      Or, une telle attitude n’est justement plus possible aujourd’hui. Du fait du développement général des moyens de communication on ne peut plus vivre dans sa bulle, C’est pour cela que je pense qu’on peut effectivement parler de début d’une crise moderniste dans le monde évangélique.

  14. Auteur
    Benoit Hébert mar 04 Nov 2014 Répondre

    Yes Jonathan.

    L’historien évangélique Mark Noll explique bien la complexité de la situation dans cet article.

    biologos.org/uploads/projects/Noll_scholarly_essay.pdf

    Certains auteurs des Fundamentals (Warfield, Orr) n’étaient pas hostiles à l’évolution, la situation s’est durcie progressivement…

Laissez une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

>