Article 5 sur un total de 6 pour la série :

Congrès Bible et science Mulhouse 2022 le point sur l'âge de la terre


crédit illustration : Gerd Altmann de Pixabay

Dans la partie 1 j’ai couvert

  • Mon contexte
  • Quelques préliminaires.
  • La critique spécifique de la conférence de Vernaz
  • Les origines du créationnisme jeune-terre (CJT)
  • L’état actuel du mouvement CJT

J’aborde ici

Les problèmes scientifiques du créationnisme jeune terre (CJT)

La réalité est que les croyances du CJT sont le fruit du mariage malheureux de deux choses distinctes : une interprétation biblique particulière et (soi-disant) la science. Cela donne lieu à une tension qui transparaît dans nombre de leurs publications. Cela signifie également que si vous critiquez leur point de vue sur des bases scientifiques, ils peuvent soudainement prétendre que vous niez l’autorité de la Parole de Dieu.

Il convient de noter que bien que chaque organisation CJT prétende faire de la « science », la nature et la qualité de leur travail sont très suspectes. Dans certains cas, les chercheurs ne sont pas qualifiés ou travaillent en dehors de leur expertise. Dans la plupart des cas, ceux qui font de la science ont signé des accords pour ne produire aucun résultat qui contredirait la position de l’organisation sur l’histoire de la Terre (cf. https://en.wikipedia.org/wiki/Answers_in_Genesis).

Les défenseurs de la position CJT ont une tâche difficile. Bien que l’accent soit mis sur l’histoire de la Terre plutôt que sur celle de l’univers, il est intéressant de noter que les problèmes dépassent la géologie pour s’étendre à la cosmologie. Certaines questions sur l’âge de l’univers les poussent à des acrobaties pour évacuer un univers immense, dans lequel la vitesse de la lumière est constante. Une cible populaire du CJT est l’origine du cosmos via le « Big Bang ». Ils y trouvent une cible de choix pour deux raisons. D’une part, le titre malheureux et péjoratif de « Big Bang », avec ses connotations de chaos et de hasard, perturbe de nombreux chrétiens. (En fait, à mon avis, il s’agit d’un événement qui pourrait être décrit de manière beaucoup plus sympathique comme la « floraison » du cosmos). D’autre part, l’astrophysique est un domaine facile à attaquer, car il n’est pas difficile de convaincre un public populaire. Quelques graphiques, quelques symboles obscurs et beaucoup de gros chiffres : vous pouvez être sûr que presque personne dans l’assistance ne sera capable de faire des commentaires informés.

Le défi pour une vision CJT en géologie est encore plus problématique. Ici, la divergence entre les thèses CJT et la science orthodoxe (ce que nous pouvons appeler le modèle géologique standard) est extraordinaire. Le modèle géologique standard, soutenu presque universellement par la communauté scientifique – qui inclut bien sûr de nombreux chrétiens – pourrait être défini comme un consensus centré sur trois facteurs : a) une histoire de la Terre impliquant des milliards d’années, b) la prédominance de processus uniformes au cours de cette histoire et c) le fonctionnement continu de la tectonique des plaques.

En termes d’âge, on pense que la Terre s’est formée il y a environ 4,6 milliards d’années. Il faut noter que la datation radiométrique n’a fait que mettre des chiffres sur ce qui était déjà largement établit. Si, à la fin du 19e siècle, l’âge de la Terre a fait l’objet de grands débats, les questions portaient sur le nombre de millions d’années. Personne ne défendait un âge inférieur à 10 ou 20 millions d’années.

En termes de processus de formation des roches, le principe de l’uniformitarisme (que l’on pourrait énoncer de manière simpliste en ces termes : « le présent est la clé du passé ») est toujours en vigueur dans la géologie orthodoxe, mais avec d’importantes modifications. L’uniformitarisme implique que dans toute interprétation des roches anciennes, on part du principe qu’elles ont été formées par des processus similaires à ceux d’aujourd’hui, et à un rythme plus ou moins identique. Ainsi, par exemple, il existe dans le passé de nombreuses roches dont les caractéristiques permettent de les identifier comme ayant été déposées dans des environnements sédimentaires de deltas, de plages et de déserts similaires à ceux d’aujourd’hui. Cependant, et contrairement à ce que prétendent de nombreux défenseurs du CJT, il ne s’agit pas d’une règle absolue. Deux exceptions sont largement acceptées. La première est que les géologues reconnaissent qu’à bien des égards, le passé est différent et que plus on remonte dans le temps, plus il est différent. Ainsi, on suppose aujourd’hui que la composition de l’atmosphère et de l’eau marine différait souvent de celle du monde actuel et qu’au cours des premiers milliards d’années de l’histoire de la Terre, les choses étaient probablement très différentes. La deuxième exception est l’acceptation universelle de la possibilité qu’une gamme limitée d’événements catastrophiques se soit produite. L’exemple le plus remarquable est la reconnaissance du fait qu’en quelques occasions dans le passé, la Terre a été frappée par des comètes ou des météorites de grande taille. Les conséquences de ces événements sont facilement reconnaissables et limitées. Aucune de ces catastrophes ne soutient de quelque manière que ce soit une sorte de catastrophisme global à la CJT. En fait, leur reconnaissance et leur acceptation par les scientifiques démentent l’affirmation CJT selon laquelle la géologie orthodoxe nie les catastrophes.

En termes de tectonique des plaques, l’hypothèse est que le mouvement lent et régulier des plaques autour de la surface de la Terre fonctionne depuis des milliards d’années. La lenteur du mouvement des plaques – le maximum est d’environ 10 centimètres par an – exige une histoire géologique de millions, voire de milliards d’années.

Les CJT nient l’âge de la Terre du modèle géologique standard. Qu’ils attribuent ou non toutes les roches au déluge, ils contestent toute idée de processus graduels uniformes. Parce que la tectonique des plaques est indéniable – c’est un fait accepté depuis cinquante ans – ils sont confrontés à un problème. Certaines tentatives d’harmoniser les croyances CJT avec la tectonique des plaques font que ces plaques d’une centaine de kilomètres d’épaisseur doivent se déplacer à une vitesse pouvant atteindre 2 m par seconde (7,2 km/h) !

Pour renverser la science orthodoxe, les adeptes du CJT doivent accomplir deux tâches avec succès. La première consiste à démontrer que le modèle géologique standard est complètement faux. La deuxième est de démontrer que leur propre modèle s’adapte mieux aux données.

Tâche 1 : L’attaque du modèle géologique standard

L’une des plus grandes réussites de la géologie, et même de la science, est l’élaboration de la carte géologique qui décrit les roches trouvées à la surface de la Terre dans une zone particulière. Elle est particulièrement puissante dans le cas des roches sédimentaires où, normalement sur la base des fossiles, les roches peuvent être assignées à un âge géologique particulier, comme le Cambrien, le Silurien, le Jurassique et le Crétacé. Avec une précision croissante, ces unités ont été reconnues et corrélées dans le monde entier. L’obtention d’informations géométriques sur la direction et l’importance de tout alignement (« pendage ») des roches sédimentaires permet de prédire ce qui se trouve sous la surface. Ainsi, au Royaume-Uni, si l’on trouve des roches permiennes à la surface, on peut prédire de manière assez sûre que sous celles-ci se trouvent des roches carbonifères avec des gisements de charbon. C’est une capacité de prédiction qui a maintenant plus de 200 ans et qui a connu un énorme succès dans le monde entier.

Très tôt dans l’histoire de la géologie en tant que science, l’étude des roches sédimentaires en surface et la corrélation croisée entre les régions ont donné lieu à la création de la colonne géologique, cette succession d’âges géologiques qui commence traditionnellement par le Précambrien et se poursuit par une dizaine de périodes jusqu’à nos jours. Comme elle est souvent attaquée, certains commentaires s’imposent.

  • On prétend parfois que la colonne géologique complète est rarement trouvée. En fait, il existe des cas de séquences continues de sédiments, mais en réalité, toute expression locale de la colonne géologique contient souvent des lacunes, qui représentent généralement des périodes de non-déposition ou d’érosion. Il n’en reste pas moins qu’une séquence complète peut être reconstituée relativement facilement. Même dans la petite région des îles britanniques, presque toutes les périodes géologiques sont bien représentées.
  • À l’échelle locale ou régionale, la colonne géologique est normalement très épaisse et généralement très complexe. Dans n’importe quelle zone continentale donnée, il est fort probable que vous ayez entre 5 et 15 kilomètres de sédiments de nombreux types différents, formés à des époques différentes, dans des environnements variés. Dans cette séquence, il peut y avoir des unités volcaniques, des preuves d’érosion, de basculement et de plissement.
  • Contre l’accusation selon laquelle la colonne géologique est le modèle de l’évolution, il est bon de rappeler qu’elle existait sous une forme très proche de sa forme moderne au moins 30 ans avant que Darwin ne publie sa théorie de l’évolution.

La colonne géologique, qu’il s’agisse d’un idéal global ou d’une expression locale, constitue un énorme camouflet pour le CJT. Elle exige des millions et des millions d’années ainsi qu’une variété d’événements. Elle ne peut se concilier avec aucune thèse CJT qui considère que la Terre n’a que 6000 ans. Elle ne correspond certainement pas à une sorte de processus unique tel que le déluge. En effet, si l’histoire de la Terre était dominée par le déluge, nous nous attendrions à voir une image très différente et beaucoup plus chaotique.

Il faut noter que la colonne géologique s’étend amplement dans les roches avant le Cambrien qui sont encore largement appelées Précambriennes. Nous avons ici une séquence très épaisse et très complexe de roches qui sont généralement métamorphisées et qui sont interprétées par la science orthodoxe comme étant dues à une longue succession de dépôts, d’érosion et de collisions de plaques sur plus de 3 milliards d’années. Le défi que représente le Précambrien pour les partisans du CJT est si écrasant qu’ils en sont souvent réduits à recourir à l’expédient désespéré selon lequel Dieu a créé ces roches avec une apparence d’âge. Cela soulève la question de savoir pourquoi d’autres parties du dossier géologique ne pourraient pas également avoir un âge apparent et entraîne l’effondrement de la base fondamentale de la science : ce que nous voyons est la réalité.

Permettez-moi de commenter quelques affirmations spécifiques du CJT qui cherchent à invalider le concept de la colonne géologique.

  • Un exemple est celui des fossiles « hors séquence », c’est-à-dire des fossiles qui se trouvent au mauvais niveau de la colonne géologique. Le plus tristement célèbre d’entre eux, désormais discrédités, sont les empreintes de pas humains jouxtant (soi-disant) des empreintes de dinosaures dans la rivière Paluxy au Texas (voir Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Paluxy_River). En ce qui concerne ces fossiles « hors séquence », permettez-moi de faire deux remarques.
    Premièrement, si les roches avaient été déposées par le chaos du déluge, alors les fossiles devraient être irrémédiablement mélangés et les fossiles  » hors séquence  » devraient être la norme. En fait, bien que je n’aie pas examiné toutes les affirmations CJT, je n’en connais aucune qui puisse être corroborée. Il convient de noter mon propre témoignage à ce sujet. Au cours de ma carrière, j’ai dû examiner attentivement, et dans de nombreux cas décrire en détail, plus de 10 ou 20 kilomètres d’épaisseur de roches sédimentaires à travers le monde. Je connais mes fossiles, j’essaie toujours de les identifier, et je peux dire honnêtement que je n’en ai jamais rencontré qui n’étaient pas à leur place dans la colonne géologique.
    Deuxièmement, si l’on avait trouvé de tels fossiles « hors séquence », on les aurait décrits. Ainsi, par exemple, la science a longtemps supposé qu’aucune ammonite n’avait survécu à la fin du Crétacé, un événement dont nous savons maintenant qu’il a été marqué par une catastrophe mondiale. Si un géologue découvrait des ammonites dans des roches plus jeunes et qu’il était possible de démontrer qu’elles ont effectivement vécu après le Crétacé, cette découverte ferait la une des journaux et garantirait une carrière scientifique. Le fait est que la science est fondamentalement autocontrôlée. Il n’y a pas de conspiration du silence !
  • Rien n’illustre mieux la capacité des groupes CJT à contribuer à la panoplie populaire des « mythes urbains » géologiques, que leurs affirmations que les dinosaures et les êtres humains ont coexisté. Il n’existe tout simplement aucune preuve de cette coexistence : en effet, il n’y a aucune trace de dinosaure après la fin du Crétacé, il y a environ 65 millions d’années.
  • Un autre angle d’attaque consiste à faire remarquer que les roches peuvent se déposer rapidement. L’exemple type est celui du Mont Saint Helens, où, à la suite de l’éruption catastrophique de 1980, des dizaines de mètres de roches se sont déposées rapidement dans la région. Le fait est que ces roches sont immédiatement reconnaissables comme des matériaux d’origine volcanique, qui ne ressemblent qu’à une infime partie de l’ensemble des roches. Au milieu des océans, les sédiments ne s’accumulent que de 0,1 mm par 1 000 ans, alors que le long des marges continentales, le rythme peut atteindre un mètre par an.
  • Une autre attaque des partisans du CJT contre la colonne géologique et le modèle géologique standard, consiste à chercher à prouver que les dates radiométriques sont fausses. Comme pour l’astrophysique, c’est une tactique assez populaire car le nombre de personnes dans un public capable d’évaluer de manière critique les résultats isotopiques est normalement nul. La plupart des affirmations proviennent de l’isolement sélectif (« quote mining ») d’anomalies dans les publications. La datation radiométrique est un processus complexe et délicat et il est inévitable que des résultats bizarres surviennent de temps en temps. Néanmoins, ces anomalies ne sont pas ignorées mais notées et des explications sont recherchées. Le fait est que la datation radiométrique fonctionne systématiquement : elle ne continuerait pas à être utilisée si ce n’était pas le cas. J’ai vu certaines publications CJT suggérer que pendant la semaine de la création et du déluge, les taux de désintégration radioactive ont été accélérés d’un facteur un milliard ! Une tentative typique de se sortir d’une difficulté insurmontable en inventant une explication ahurissante. (NDLR : voir cet article PEUT-ON FAIRE CONFIANCE AUX MÉTHODES DE DATATION GÉOLOGIQUE ? pour de plus amples explications à ce sujet)

En essayant de saper le concept de la colonne géologique et de démolir le modèle géologique standard, les partisans du CJT ont passé la littérature scientifique au peigne fin pour essayer de trouver les difficultés, les divergences et les anomalies qui se produisent dans tous les domaines de la vie et de les mettre en évidence, tout en ignorant les résultats parfaitement cohérents qui les entourent. Ce qui est souvent mal apprécié en dehors de la communauté géologique, c’est la somme considérable de données géologiques, accumulées depuis deux siècles, provenant de falaises, de carrières, d’excavations, de forages et de mines qui, si elles étaient rassemblées, rempliraient les plus grandes bibliothèques publiques de n’importe quelle ville. Pourtant, malgré la recherche désespérée de données anormales, le nombre d’anomalies signalées est minuscule. Si les données géologiques étaient fondamentalement erronées, les anomalies seraient la norme, pas l’exception.

L’impact global des critiques CJT sur la géologie scientifique est tout à fait minime. Je n’ai jamais entendu une discussion sérieuse entre géologues, chrétiens y compris, au cours de laquelle quelqu’un évoquait la possibilité que l’interprétation CJT de la géologie puisse être correcte. L’effet est similaire à celui de quelqu’un qui, se fondant sur quelques dates contradictoires trouvées dans des mémoires de soldats, prétendrait que les guerres napoléoniennes n’ont jamais eu lieu.

Ce que le non-géologue n’apprécie pas facilement, c’est la manière dont toutes sortes de données pluridisciplinaires s’imbriquent dans l’élucidation du passé ancien. Ainsi, par exemple, dans les études sur l’ouverture d’un océan comme l’Atlantique Nord, nous disposons d’un large éventail de données. La géophysique nous permet de déterminer l’ampleur du mouvement des plaques tectoniques, la datation radiométrique des laves ignées donne des dates absolues pour la séparation des continents, les études fossiles liées à la colonne géologique montrent que des fossiles marins se déplacent entre les fossés et que des types de fossiles de plus en plus différents apparaissent de part et d’autre du nouvel océan, à mesure que celui-ci se développe. Toutes ces données concordent et peuvent être corrélées entre elles.

La robustesse du modèle géologique standard est frappante. Les historiens de la science ont décrit de nombreuses situations où un modèle scientifique a été mis à l’épreuve avant d’être reconnu défaillant et remplacé par une meilleure théorie. Les symptômes communs sont nombreux : un sentiment généralisé de malaise vis-à-vis de l’ancien modèle, une abondance de données anormales qui ne correspondent pas, des questions sans réponse, etc. Aucun de ces symptômes ne s’applique au modèle géologique standard. Il fonctionne et, au sein de la science orthodoxe, personne n’exprime sérieusement de mécontentement à son égard.

Tâche 2 : Fournir un modèle alternatif pour l’histoire de la Terre

Si les partisans du CJT ont échoué à saper le modèle scientifique existant, ils ont des problèmes encore plus profonds avec toute tentative de proposer une alternative. Il n’existe que des modèles sommaires pour toute sorte de remplacement et ceux-ci sont largement (et âprement) contestés, même par les adeptes du CJT. L’argument le plus éloquent contre les croyances CJT est peut-être que les seules personnes qui y croient sont celles déjà partisantes d’une interprétation particulière de la Genèse. Bien qu’il existe quelques cosmologistes athées qui ne sont pas d’accord avec le Big Bang, on ne trouvera pas de croyants laïques en une Terre vieille de 6 000 ans.

En bref, tout modèle CJT, en particulier celui qui implique la géologie du déluge, doit surmonter d’énormes difficultés. Laissez-moi les énumérer brièvement.

  • Comme noté ci-dessus, l’un des plus grands succès de la science est l’élaboration de la colonne géologique et de la carte géologique, avec sa délimitation d’unités telles que le cambrien, le silurien, le jurassique et le crétacé, etc. Aucun modèle CJT ne parvient à expliquer cela. Il n’existe pas de cartes géologiques du déluge.
  • Même avant Darwin, il était bien connu qu’il y avait une progression temporelle de la vie consistant largement, mais pas complètement, en des organismes simples remplacés successivement par des formes plus complexes et plus diverses. Ceci est parfaitement logique dans le cadre d’une certaine forme de développement dans le temps, évolutive ou non, mais pas du tout si toutes les roches ont été simplement déposées par un déluge singulièrement chaotique et catastrophique. La géologie du déluge doit donc expliquer pourquoi les os de dinosaures ne se trouvent que dans les séquences que la science appelle Jurassique et Crétacé, et pourquoi les trilobites ne sont jamais présents avec les dinosaures ou les mammifères.
  • L’environnement de formation de nombreuses roches peut être identifié assez précisément. En ce qui concerne les roches sédimentaires, nous avons :
    • Des sédiments qui sont interprétés comme ayant été déposés par le vent.
    • D’anciens horizons de sol.
    • Des récifs coralliens, y compris des séquences empilées jusqu’à plusieurs kilomètres d’épaisseur.
    • Des surfaces de roches sédimentaires traversées par des terriers et des sentiers, reflétant l’activité d’animaux vaquant à leurs occupations ordinaires.
    • Des fentes de dessiccation, indication certaine de l’exposition au soleil.
    • Des empreintes de dinosaures, et même des nids avec des œufs.
    • De nombreuses séquences sédimentaires contiennent des laves et il n’est pas rare qu’elles soient clairement altérées et érodées.

Tout cela reflète la présence du temps et l’absence de tout ce qui pourrait ressembler à l’inondation d’un déluge mondial.

En outre, dans de nombreuses régions, on trouve de vastes accumulations de fossiles, qu’il s’agisse de vertébrés ou d’invertébrés, qui sont bien trop nombreux pour avoir tous été vivants au même moment. Un défi particulièrement révélateur pour les points de vue CJT est la célèbre craie anglaise, dont l’épaisseur peut atteindre 1 500 mètres et qui est entièrement constituée de squelettes d’algues planctoniques microscopiques qui ont dû se former dans des eaux claires, sans boue et peu profondes. La science considère qu’elle s’est formée sur une période d’environ 30 millions d’années, ce qui est cohérent avec le fait que les sédiments modernes équivalents s’accumulent à un rythme compris entre 10 et 100 millimètres par 1000 ans.

Je n’ai pas d’expertise particulière en matière de roches ignées ou métamorphiques, mais la physique simple s’applique à des choses comme les intrusions granitiques. Nous savons quelle a été la température du magma et donc, compte tenu de son volume et des propriétés thermiques des roches environnante, nous pouvons calculer le temps qu’il a fallu au magma pour se refroidir jusqu’à se solidifier. Pour la plupart des corps granitiques, les chiffres sont de l’ordre de plusieurs millions d’années.

Il faut également noter que de nombreuses carottes ont été prélevées dans les calottes glaciaires. Les alternances annuelles qu’on y trouve permettent de compter les années. Des séquences continues de glace ont été récupérées jusqu’à 130 000 ans au Groenland et 800 000 ans en Antarctique.

Une interprétation littérale du récit du déluge comme un événement mondial, pose de nombreux problèmes. L’idée que des animaux de toutes sortes viennent du monde entier pour entrer dans l’arche est difficile à concevoir. Typique du monde bizarre de leurs croyances, les CJT propose souvent que plutôt que de rassembler toutes les espèces dans l’arche, Noé a simplement recueilli des représentants d’ »espèces » particulières, qui, après le déluge, ont évolué rapidement sur 4 à 5000 ans en de nombreuses espèces différentes.

Soulignant un point qui n’est pas à strictement parler lier à la géologie ou à la science de la terre, il est bon de rappeler que les croyances CJT posent d’énormes problèmes en termes de distribution des animaux, des plantes et même des êtres humains. Si la Terre dévastée a été repeuplée après un déluge global il y a quelques millénaires à partir d’une arche littérale, alors d’innombrables anomalies exigent une explication. Pourquoi la faune de l’Australie avec ses marsupiaux est-elle si unique ? Les koalas ont-ils fait tout le chemin depuis le mont Ararat en 4000 ans ? Pourquoi les lémuriens vivent-ils seulement à Madagascar ? Pourquoi existe-t-il encore des liens zoologiques et botaniques forts entre des régions qui, selon la géologie orthodoxe, faisaient autrefois partie du même supercontinent du Gondwana ? Les difficultés à engendrer l’ensemble de la race humaine à partir d’une poignée de survivants sur le Mont Ararat il y a environ 4000 ans sont évidentes.

Il convient également de souligner que la géologie du déluge va à l’encontre des Écritures. Ainsi, on lit en Genèse 2:14 que les fleuves Tigre et Euphrate délimitaient le jardin d’Eden. S’ils existaient avant le déluge, comment se fait-il qu’ils reposent sur plusieurs milliers de mètres de sédiments soi-disant déposés par le déluge ? On nous dit également que les eaux du déluge se sont élevées au-dessus des montagnes (Genèse 7:19), ce qui implique que les montagnes devaient préexister au déluge.

De manière significative aussi, il y a quelques allusions dans l’Écriture qui impliquent une vieille terre.

  • Habakuk 3.6 : « [Dieu] s’arrête, et de l’œil il mesure la terre, il regarde, et il fait trembler les nations ; les montagnes éternelles se brisent, les collines anciennes s’abaissent. A lui les sentiers d’autrefois ! »
  • Psaume 90.2: « Avant que les montagnes soient nées, avant que tu aies créé la Terre et le monde, d’éternité en éternité tu es Dieu. »
  • Michée 6.2 : « Ecoutez donc, montagnes, fondements immuables de la terre, le plaidoyer de l’Eternel. Car l’Eternel est en procès avec son peuple, il va plaider contre Israël. »

Le verdict communément rendu sur la « science de la création », le CJT et la géologie du déluge, est qu’ils appartiennent à la catégorie des pseudosciences. Je ne suis pas en désaccord.

Mais qu’en est-il de l' »évolution » ?

L’une des nombreuses astuces de débat utilisées par les partisans du CJT consiste à suggérer, explicitement ou implicitement, qu’accepter la géologie orthodoxe revient à accepter l’évolution, et donc l’athéisme. Il convient ici de noter un schéma récurrent dans l’argumentaire CJT : l’idée qu’il n’y a que deux croyances et qu’il faut choisir entre l’une ou l’autre. Tout est vu en noir et blanc, sans aucune nuance.

Une question clé, qui ne peut être abordée que brièvement, est de savoir ce que l’on entend exactement par « évolution ». Il y a quarante ans, on m’a enseigné une clarification du terme qui m’a bien souvent servi. Il s’agit de reconnaître qu’il existe trois définitions de l’évolution, chacune très différente et chacune exigeant une réaction différente de la part des chrétiens. Permettez-moi de les appeler Evolution 1, 2 et 3. Bien qu’elles puissent être affinées et modifiées, je crois que ces trois divisions sont valables.

Evolution Définition 1 :

« Le changement génétique à petite échelle des organismes ».

Il s’agit de la microévolution, observée à la fois en laboratoire et dans la nature, dans tous les domaines, des virus aux oiseaux. C’est tout simplement scientifique et c’est un fait avéré. Elle n’entre pas en conflit de manière concevable avec une quelconque forme de religion.

Evolution Définition 2 :

« L’origine progressive de tous les êtres vivants, dans une succession ininterrompue d’un ou de plusieurs ancêtres communs, sur plusieurs milliards d’années ».

On pourrait discuter ici pour savoir si tous les changements sont graduels, mais cela ne change rien à la définition fondamentale. Il s’agit de l’évolution « géologique » ou « historique » : l’idée qu’au fil d’innombrables générations, des organismes comme les algues ou les bactéries ont évolué vers des plantes ou des animaux multicellulaires complexes. Il s’agit toujours d’une science, mais pas d’une « science observationnelle » : cette évolution s’est produite dans le passé et ne peut être testée en laboratoire. Ainsi, par exemple, nous ne pouvons pas être absolument certains qu’au Dévonien, deux membres de l’espèce A se sont accouplés pour donner la nouvelle combinaison de gènes qui constitue l’espèce B. Cependant, l’analyse de l’ADN d’organismes vivants nous permet de plus en plus de reconstituer des relations hautement probables et de suggérer approximativement quand de tels événements ont pu se produire.

Y a-t-il un conflit avec la religion ? En principe, non. Si vous adoptez le point de vue, généralement associé au calvinisme mais en fait tout à fait biblique, selon lequel Dieu supervise tous les événements de l’univers, il s’agit simplement du processus par lequel il travaille. L’idée selon laquelle Dieu travaille ainsi pourrait être qualifiée d’évolution théiste ou de création continue. Le problème évident pour les chrétiens qui croient en la Bible est de savoir dans quelle mesure l’Evolution 2 entre en conflit avec la Genèse. Ici il faut faire des hypothèses sur l’information scientifique transmise par ces passages. De plus, beaucoup de chrétiens considèrent probablement que les êtres humains ont été créés à part. Je commente ces points ci-dessous.

L’Evolution 2 est-elle probable ? Personnellement, je reconnais les preuves de cette évolution et je pense qu’elle est probable, mais je garde quelques réserves. En gros, je n’ai aucun problème avec la « survie du plus apte » mais plutôt avec la notion de « l’arrivée du plus apte ». Certains êtres vivants me semblent avoir une structure si compliquée, des structures physiques et des éléments biochimiques si imbriqués, que j’ai du mal à voir comment ils ont pu évoluer par un hasard graduel. L’idée que Dieu se cache derrière chaque mutation et chaque extinction qui a animé le développement de la vie me semble parfaitement raisonnable.

Evolution Définition 3 :

« L’Evolution est la seule force créatrice de l’univers. C’est le mécanisme par lequel toutes choses sont apparues. Il n’y a pas de Dieu surnaturel, de dieux ou de puissances supérieures, seulement l’évolution ».

Bien que cette affirmation soit rarement formulée de manière aussi catégorique, c’est ce qui sous-tend une grande partie de l’utilisation du mot « évolution », qui prend ici la majuscule « Evolution ». Il s’agit d’une vision philosophique du but, ou de l’absence de but, de l’univers. Précisément parce qu’elle se prononce – négativement – sur l’existence de Dieu, il s’agit en fait d’une opinion religieuse ou théologique et, en tant que telle, elle est fondée sur la foi. Il est inutile de préciser qu’elle est en totale opposition avec le christianisme ou toute autre religion.

Le point essentiel est qu’une croyance dans le premier ou même le second type d’évolution ne vous conduit pas nécessairement au dernier. Notez également que l’âge de la Terre n’entre pas en ligne de compte ici. Il est possible de croire en une Terre ancienne et de rejeter toute idée de changement progressif.

Mais qu’en est-il de la Genèse ?

Il y aurait beaucoup à écrire à ce sujet, aussi n’en donnons-nous ici qu’une brève esquisse, quelque peu personnelle.

  • Un aspect très curieux de l’interprétation de la Genèse est que beaucoup de gens, en particulier les défenseurs du CJT, semblent la lire comme un document du 19e, 20e ou même 21e siècle, écrit dans un langage quasi-scientifique pour une culture occidentale. La Genèse a parlé à de nombreuses autres cultures au cours de son histoire plurimillénaire. Curieusement, malgré toutes leurs attaques contre la science séculaire, l’un des principaux problèmes des thèses CJT est qu’elles sont trop respectueuses de la science. En essayant d’enfermer la Genèse 1 dans un langage scientifique, elles perdent de vue ce que dit le texte.
  • Les jours de la création dans Genèse 1 ont été interprétés de diverses manières. Superficiellement, le texte semble parler d’une série de jours de 24 heures, mais, en fait, on ne sait pas exactement ce qu’est un « jour ». Dans Genèse 2:4, l’hébreu parle du « jour » (yom) dans lequel le Seigneur « fit les cieux et la terre ». Cela indique clairement qu’un jour ici ne doit pas être considéré de manière rigide comme 24 heures puisque nous venons d’avoir la description de la création comme prenant 7 jours. 
  • Il existe un parallélisme célèbre et frappant entre les jours 1 à 3 et les jours 4 à 6. En résumé, les trois premiers jours semblent représenter ce que l’on pourrait appeler des « règnes » et les trois jours suivants semblent faire référence aux « habitants » ou aux « dirigeants » de ces règnes. Si tel est le cas, cela suggère que Genèse 1 n’est pas tant chronologique que juridique, portant en elle le phénomène très répandu dans l’Ancien Testament des alliances, des offrandes et des responsabilités.
  • D’autres suggestions possibles ont été faites pour Genèse 1.
    • Pourrait-elle être principalement poétique ? Elle a certainement ce que l’on a appelé un cadre semblable à un hymne.
    • Pourrait-elle être liturgique ? C’est-à-dire qu’il s’agit d’un cadre pour le culte, peut-être dans le cadre d’un festival.
    • Pourrait-elle être polémique ? Elle s’attaque aux malentendus dominants de l’époque au sujet de l’univers.
    • Pourrait-il s’agir en fait d’une combinaison de plusieurs genres ?
  • L’existence d’un second récit dans Genèse 2, mais depuis une perspective différente, semble indiquer que Genèse 1 ne doit pas être interprété littéralement.
  • Les théologiens parlent des premiers chapitres de la Genèse comme d’une  » proto-histoire « . Il est certainement difficile de voir comment ils peuvent être historiques, alors qu’il n’y avait pas d’historiens humains pour rendre compte des événements.
  • Je suis depuis longtemps d’avis que les chapitres 1 à 11 de la Genèse sont, pour parler en langage cinématographique, un récit « flou artistique ». Il est difficile d’être précis sur les dates et les détails ; ils se situent peut-être quelque part à la frontière des faits et de la fiction. Pourtant, lorsque Genèse 12 introduit Abraham, l’image s’affine singulièrement. Nous savons exactement où nous sommes, et assez précisément quand, vers 2000 av J.-C.
  • Le fait que ces premiers chapitres ne soient pas l’histoire telle que nous la concevons ne minimise pas ses aspects éthiques.
  • L’idée CJT que Dieu ait pu donner à la race humaine une image historique détaillée de la création est en fait assez curieuse : elle ne s’applique pas à l’anatomie ou à la biologie. Le défi et le privilège d’être créé à l’image de Dieu résident en partie dans le fait que nous, les humains, sommes censés découvrir par nous-mêmes la vérité sur le monde.
  • En ce qui concerne le déluge, là encore, il existe plusieurs interprétations. Il est certain qu’il n’y a aucune preuve d’un déluge mondial couvrant toutes les montagnes.
  • Néanmoins, il est possible que le récit du déluge traite d’une sorte d’événement local. Il est important de rappeler que derrière l’expression « a couvert toute la terre » se cache l’hébreu « eretz », qui pourrait tout aussi bien donner lieu à « a couvert toute la région ». Une zone locale aurait certainement plus de sens pour un rassemblement d’animaux. En ce qui concerne l’événement lui-même, il convient de rappeler que vers 10 000 avant J.-C., le climat est passé rapidement de la période glaciaire à l’optimum climatique de l’Holocène, marqué par des climats plus chauds et plus stables. Ce changement a-t-il été marqué par des catastrophes climatiques mondiales ?  Peut-être. Une bonne règle de conduite en l’occurrence est : « données insuffisantes : esprit ouvert, bouche fermée ».

Mais qu’en est-il des êtres humains ?

La Genèse semble enseigner que les êtres humains ont été spécifiquement et séparément créés à l’image de Dieu. Les croyants du CJT prétendent qu’ils sont les seuls à défendre cette vérité. Pourtant, comme pour une grande partie de la relation entre la Genèse et la science, ce n’est pas si simple. Le fait est que les liens entre l’humanité et le monde animal sont indéniables. En termes de constitution physique, nous partageons un grand nombre d’organes, de tissus et même de matériel génétique, à tel point que nous avons quelque chose comme 95-99% de notre ADN en commun avec les chimpanzés. Il existe même des similitudes comportementales marquées. Dans le même temps, il convient de souligner l’ampleur du fossé qui sépare l’humanité des grands singes. Nous sommes les seuls à être capables d’utiliser un langage complexe avec des symboles, à avoir une pensée analytique, à fabriquer des outils complexes, à avoir des structures sociales complexes et à pratiquer des rituels. Cas rare parmi les grands singes, nous sommes monogames. D’un point de vue biologique, nombre de ces changements sont liés à la capacité du cerveau humain, beaucoup plus grand et plus développé.

Une image récurrente que j’ai utilisée dans mon enseignement et qui mérite d’être répétée, est celle de l’informatique. Mon ordinateur de bureau actuel ressemble superficiellement à celui que j’avais il y a vingt ans, mais sa puissance et son potentiel sont incroyablement supérieurs. Les êtres humains peuvent être considérés comme cela : bien que nous ayons un matériel similaire à celui des autres singes, Dieu a installé en nous un « logiciel » très différent.

Quelques réflexions en guise de conclusion

1) Dans un sens, les croyances CJT sont inoffensives. Il est douteux que la croyance en une terre de 6000 ans façonnée par un déluge global soit spirituellement dommageable pour un individu. Le problème vient lorsqu’elle est enseignée et même imposée comme une orthodoxie chrétienne.

  • Elle fait des données du monde réel des « faits inconfortables » qui peuvent, voire même doivent, être ignorées.
  • Elle rabaisse et nie la science en tant que méthode, et ce faisant, établit un modèle malsain. Elle entraîne une attitude antiscience qui se répercute sur les vaccinations et le changement climatique. Un site CJT a critiqué le télescope James Webb au motif que les Écritures disent tout ce qu’il faut savoir sur l’univers.

2) Dans un domaine que le christianisme a toujours trouvé complexe, elle prône une pensée étroite et simpliste. Avec leur esprit de conspiration, les croyances CJT produisent quelque chose qui s’apparente aux dérives sectaires.

3) Ce qui est particulièrement frustrant, c’est la façon dont les défenseurs du CJT aiment à parler d’un conflit du genre « belliqueux » avec toutes les opinions séculaires. Un auteur CJT a déclaré : « Si la Terre est vieille, alors le christianisme a tort. Ces concepts ne sont pas seulement incompatibles, ils sont opposés. Ils s’excluent mutuellement ! Le christianisme n’a aucun sens si la Terre est vieille ». Cela fait bien sûr le jeu des « nouveaux athées » purs et durs. La réalité est que face à la beauté et à la complexité du monde naturel, nombreux sont ceux et celles qui, en dehors de la foi chrétienne, rejettent tranquillement une explication naturaliste de l’univers. Comme dans de nombreux domaines, il vaut mieux construire des ponts que de creuser des tranchées.

4) Je ne suis probablement pas le seul à être troublé par le côté laid, belliqueux et litigieux des croyances de CJT, même envers d’autres chrétiens. Qu’est-il arrivé au dialogue gracieux ?

5) N’est-il pas préférable de garder l’esprit ouvert plutôt que d’adopter des vues erronées ?

6) Il y a un sens réel dans lequel la défense des croyances de CJT dilue l’évangile. L’accent est de plus en plus mis sur la façon dont l’univers a été créé, plutôt que sur la façon dont il a été racheté au Calvaire ou sera restauré au retour du Christ. Vu depuis le CJT, Dieu est avant tout le grand architecte de l’univers et non son rédempteur et son restaurateur. En fait, le Christ est souvent maltraité dans la pensée CJT : les projecteurs sont braqués ailleurs.

7) Paradoxalement, le point de vue CJT escamote l’une des preuves les plus solides et les plus incontestables du Dieu chrétien qui crée et rachète. En effet, la géologie montre clairement que la vie existe sur cette planète depuis au moins 3,6 milliards d’années. Pourtant, la biosphère qui l’abrite n’a pas plus d’une vingtaine de kilomètres d’épaisseur. Sur une terre de 12 700 km de diamètre, cela représente l’équivalent d’une feuille de papier autour d’un ballon de basket. Pourtant, la géologie orthodoxe révèle que la biosphère, qui exige de l’eau liquide, existe intacte depuis près de 4 milliards d’années. Étant donné que même à dix kilomètres au-dessus de nos têtes, l’environnement est glacial, proche du vide et plein de radiations, il n’y a que deux explications possibles. La première est que la Terre est incroyablement chanceuse et a gagné la « loterie planétaire » de la survie, à chaque fois. L’autre est que Dieu, notre père céleste, veille sur sa création.

Traduction avec autorisation : Antoine Bret


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